L’Union européenne protège la liberté des médias à travers ses traités et sa Charte des droits fondamentaux, mais elle ne délivre pas de carte de presse aux journalistes. Le statut de journaliste et les cartes professionnelles restent organisés au niveau national : la CCIJP en France, la commission d’agréation en Belgique, le Conseil de presse au Luxembourg, des associations ou syndicats dans d’autres pays. Certains pays n’ont même aucune carte officielle.
Les cartes qui se présentent comme « européennes » sont donc soit des cartes privées, soit des cartes d’organisations professionnelles. La plus connue à l’international est la carte de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), délivrée par les syndicats membres à leurs adhérents, en France notamment par le SNJ et la CFDT-Journalistes. Aucune n’a de valeur juridique particulière dans l’ensemble de l’Union.
Cette absence s’explique aussi par la diversité des traditions : certains pays protègent un titre, d’autres une carte, d’autres encore laissent la profession s’organiser librement. Harmoniser ces systèmes supposerait de définir au niveau européen qui est journaliste, ce que beaucoup considèrent comme risqué pour la liberté de la presse. En pratique, les journalistes qui travaillent dans plusieurs pays combinent leur carte nationale, une éventuelle carte internationale et les accréditations spécifiques des événements qu’ils couvrent.